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28/10/2008

L'Escurial

Nice est une ville curieuse qui comprend par exemple deux centres, si ce n'est plus. L'un, autour du vieux Nice, est le centre historique avec la mairie et l'ancienne préfecture. L'autre, plus moderne et sur l'autre rive du paillon, est organisé autour de l'axe de l'avenue Jean Médecin anciennement avenue de la Victoire. Considérant ce second centre, on dénombre une bonne douzaine de salles de part et d'autres de l'avenue.

La plus prestigieuse sans aucun doute, c'est celle de l'Escurial. Notre cycliste, évitant les travaux, remonte au niveau du café de Lyon pour enfiler l'avenue Georges Clémenceau vers l'imposante façade de l'ancien cinéma ESCURIAL. L'ensemble est une superbe réalisation architecturale due au talent de Léonard Varthaliti, grec d'origine. Avec ses 1400 fauteuils, ses colonnes, son hall d'entrée et ses immenses fresques d'inspiration antique, peintes par Eugène dit Étienne Doucet (1890 – 1978), c'était l'une des plus belles salles de Nice, voire de France et l'une des plus grandes d'Europe. L'Escurial traverse plus de quarante ans d'histoire du cinéma niçois. C'est la première salle à s'équiper en cinémascope par exemple. Mais il vieillit mal et comme tant d'autres salles de ce calibre, ne réussi pas à négocier la mutation des années 70. Paquebot de luxe en un temps de caboteurs, il ferme en 1979 et est vendu aux enchères l'année suivante pour être transformé en boite de nuit... De luxe, toujours. Ce qu'il est toujours aujourd'hui. Les fresques de Doucet sont réputées être conservées sous les cloisons de la grande salle.

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Lors de ma période de recherche, j'ai eu un entretien avec Thierry Olive, cinéphile, gérant de l'unique librairie spécialisée dans le cinéma de la Côte d'Azur, Cinéfolies. Nous avions évoqué les dernières séances de la salle, plongée dans l'obscurité car ses propriétaires ne pouvaient plus payer l'électricité. Il m'a raconté avec beaucoup de talent l'entrée sombre. L'escalier descendant à la salle et uniquement éclairé par une petite lampe, sans doute de secours. Une atmosphère de film fantastique, un genre qu'il affectionne particulièrement. Et puis la grande salle, immense et sur les dernières années si peu fréquentée. Une atmosphère de fin du monde, de fin d'un monde.

L'Escurial aujourd'hui et hier

Photographie : plaquette cinémathèque de Nice 1995

26/10/2008

Les archives de l'avenue - 2

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24/10/2008

Les archives de l'avenue - 1

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Source : Nice-Matin

23/10/2008

Descendons l'avenue

Descendons à nouveau l'avenue Jean Médecin en compagnie de notre cycliste. Juste un peu plus bas de l'ancien Balzac, sur le trottoir d'en face au numéro 43, se tenait le Cinétoile. Aujourd'hui, c'est une boutique de petits riens pas chers. Il en reste l'auvent et la vitre qui a conservé, jusqu'à ces derniers temps, les lettres noires « ETO ». Quelques années avant, le magasin s'appelait « Étoile Étoile », il s'y vendait des vêtements bon marché et la façade avait été conservée. Le Cinétoile était une salle qui a donné très tôt dans le registre coquin interdit aux moins de dix-huit ans, passant des classiques façon Emmanuelle aux films sordides sur rétroprojecteurs vidéo. C'était une vocation ancienne puisque, par exemple, en 1962 il diffusait « le film le plus audacieux et le plus sensuel » : Les enfants du vice.

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Je me souviens encore des affiches aux titres excitants que l'on voyait en sortant de son vis à vis, le Pathé Paris. Celui-là est un survivant. Sis au 54, il fait désormais partie du groupe Pathé. A l'époque où il n'avait qu'une grande salle, c'était le Paris Palace et si mes souvenirs sont bons, c'était une salle dont le toit s'ouvrait. Aujourd'hui, c'est une salle résolument tournée vers un public jeune avec une programmation très commerciale.

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Changeons de trottoir à nouveau. Au numéro 41 se tenait jusqu'au 6 juin 81 le Monte-Carlo. Jacques Lemoine, ancien projectionniste de la Cinémathèque et légende des projectionnistes de la côte y avait officié. Il se rappelait encore l'imposant décor installé pour la sortie du Livre de la Jungle produit par Disney. Il m'avait raconté les derniers jours de cette salle. Les propriétaires étaient tellement pressés et indifférents qu'ils avaient tout fermé en laissant les stocks d'esquimaux dans les congélateurs. Le courant ayant été coupé, losque Jacques était venu pour récupérer du matériel, la salle baignait dans la crème glacée et les rouleaux de pellicule. Charmant. C'est désormais un Quick.

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Au 33, encore un peu plus bas, c'était l'Apollo devenu l'Avenue puis ultimement l'ABC avec trois salles et une programmation que j'ai connue très familiale. C'était le cinéma des Disney et des films avec Terence Hill et Bud Spencer. Qui s'en souviendrait derrière cette façade façon marbre impersonnelle.

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Juste à côté, l'imposante salle du Gaumont, cinéma phare de l'avenue, rénové par Pathé et baptisé Pathé Masséna. Impeccablement transformé pour affronter les temps modernes. Il conserve sa grande salle de prestige modernisée avec son dolby THX et écran panoramique. Six salles complètent le complexe. On regrettera qu'aujourd'hui le pop-corn y ait autant d'importance et que les signalisations des issues de secours soit si importunes lors des projections. Comme son petit frère, ce cinéma a désormais une programmation très commerciale même si nombre de grandes sorties y font toujours figure d'évènement comme à l'époque des grandes queues pour découvrir L'Empire contre-attaque ou Blade runner. Le cinéma a également eu quelques véllités art et essais avec de la diffusion en VO, mais c'était très timide et sans lendemain. C'est également là que se font les avant-premières et les séances spéciales, avec l'ESRA notamment

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Encore un peu plus bas, notre cycliste achève son périple avec la façade du 20 et 22 où se tenait le Cinéac transformé en McDonald's. Certaines salles disparaissent discrètement, subissant des reconversions qui font frémir. Ce haut lieu de la gastronomie était le siège du Cinéac, anciennement Alpha. En 70, il diffuse Anzio, un film de guerre avec Mitchum, du grand spectacle. Il cède, comme d'autres à la tentation du porno, devient les Arcades puis, dans un ultime sursaut de dignité, nous donne de grands moments avec Duel ou Alien. Il ferme définitivement aux premiers jours de 88. Méditez que c'est ici, à l'automne 1903, que le journal l'éclaireur de Nice organisait des projections en plein air, séances vite interdites par la municipalité en raison de l'affluence qui bloquait la circulation sur l'avenue...

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(à suivre)

 

Photographies : Lise Roman

21/10/2008

Au programme cette semaine

Vincent Price est un acteur qui se venge de critiques trop cruels pour son goût dans Théâtre de sang (Theatre of blood 1973) du britannique Douglas Hickox. A ses côtés, sa fille et complice n'est autre que la délicieuse, l'envoutante, la sublime Diana Riggs.
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(Collection particulière)

19/10/2008

Les archives du Balzac - 2

Toujours en provenance de mes vieux cartons. Les pavés de presse sont extraits des anciennes pages cinéma de Nice Matin.
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18/10/2008

Les archives du Balzac - 1

Sorties de mes vieux dossiers. Cela sert de ne rien jeter.

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17/10/2008

Le Balzac

Ainsi donc le Fémina est devenu le Balzac à la fin des années 70. Et quel parcours pour cette salle, l'une des plus vieilles de Nice puisqu'elle ouvre avant 1914. En 1970, On y diffuse Violettes impériales, l'opérette avec Luis Mariano. Quinze ans plus tard, repris dans une optique franchement étudiante et branchée, le Balzac passera plusieurs fois The Wall, l'opéra rock des Pink Floyd. Le cinéma est repris par une association d'étudiants et devient dans les années 80 un haut lieu de la cinéphilie, diffusant des cycles passionnants, des films rares, des films cultes. On se souvient encore de ces séances spéciales du Rocky horror and picture show, avec jets de riz, pluie à l'extincteur et le Time Warp.

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La cinéphilie perdant dramatiquement de la vitesse au début des années 90, le cinéma retire ses fauteuils et se reconvertit dans les concerts. Quelques groupes fameux de la scène niçoise y joueront mais la salle ne tient pas. Elle ferme et l'immeuble décrépit. Il y a quelques années, début 2000 enfin, il est ravalé et une boutique de jouets made in China s'est installée. Pour ceux de ma génération, la Balzac reste La salle incontournable, celle où les choses plus plus intéressantes se sont passées, une véritable animation, une véritable programmation, un esprit. pour le film j'ai imaginé que notre cycliste rencontrait un spectateur nostalgique vêtu en franck N. Futer et qu'ils esquissaient quzelques pas du Time warp

It's just a step to the right

Then a jump to the left...

(à suive...)

Photographie : Lise Roman

20:05 Publié dans Scénario | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : salles, balzac | |  del.icio.us |  Facebook | | |

15/10/2008

À des millions de kilomètres de la terre - 1957


14/10/2008

Les photographies du Royal

La beauté du bâtiment sans doute fait qu'il y a eu plusieurs photographies de cette salle. Leur provenance est plus difficile à établir. Les deux premières se retrouvent dans la plaquette de la Cinémathèque de Nice, en 1995. On y découvre, outre la façade, l'intérieur de la salle dans toute sa majesté avec le grand rideau cramoisi derrière lequel je me souviens encore des publicités fluorescentes et les très belles fresques tout autour. La troisième est parue dans Nice matin avec la mention « repro NM ». Il me semble, lorsque j'avais discuté de tout cela avec monsieur Rocca de la revue Lou Sourgentin, qu'il l'avait montré un ouvrage d'architecte avec ces mêmes photographies. Mais je n'avais pas pris plus de renseignements.
La quatrième, je la dois à Bernard Pavelek et à son frère Claude qui en est l'auteur. On y voit, ce qui m'a beaucoup touché, l'une des cariatides encore en place Je me suis toujours demandé ce qu'elles étaient devenues après la démolition, ne pouvant croire qu'elles auraient finies, elles aussi, sous la pelle des entrepreneurs. La surprise, c'est d'avoir découvert le site et le travail de Bernard qui est si proche du mien. Je vous invite à visiter sans tarder Prochainement nulle part. C'est magnifique.
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13/10/2008

Au Programme cette semaine

Franco Nero sur une affichette belge du film de Ferdinando Baldi, Texas Addio (1966).

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Source : www.spaghettiwesterns.com.ar

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11/10/2008

Dédicace

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(Collection personnelle)

09/10/2008

Mélange de pinçeaux

On peut penser maîtriser un sujet et faire encore de grossières erreurs. On peut avoir su quelque chose et puis l'avoir oublié. C'est Eric Escoffier qui me l'a opportunément rappelé, le Fémina n'a pas disparu au début des années 70 comme je l'écrivais un peu plus bas, mais il est devenu le Balzac. Je le savais, cette information est présente dans la première version du scénario, mais elle a sauté dans les versions suivantes et je me suis emmêlé les pinçeaux. Le Balzac, vu son importance dans mon parcours de cinéphile, sera l'objet de la prochaine note. Rien que pour lui.

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07/10/2008

Au programme cette semaine

Jim Brown et Raquel Welch dans le western de Tom Gries : Les 100 fusils (100 rifles 1968)

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05/10/2008

Rencontre et retrouvailles

Hier soir (c'était en 2006 - note de republication), j'ai discuté un bon moment avec deux mémoires vives des cinémas de quartier niçois. Première rencontre depuis que j'ai remis sur la table ce projet. Autour d'une bière et de deux Perriers, juste à côté de la place Masséna en chantier, ont défilé les salles et les souvenirs du cinéma populaire des années 60 et 70.

Derry Sciarra, c'est avant tout un fan de rock, celui des années 50, le rock des origines, le rockabilly. Sous le nom de Vince Rogers, il est un musicien qui tourne régulièrement sur la côte. Habitant depuis toujours place Garibaldi, il est aussi un grand amateur de cinéma, le cinéma des salles de quartier, western italien, fantastique, aventures et le sourire de Marilyn. Pour le cinéma, il a joué dans des films fantastiques, il écrit pour des fanzines et des scénarios (le dernier serait un western qu'il rêve de voir joué par Giuliano Gemma), il a réalisé aussi, tournant en super8, mêlant ses deux passions, la musique et le cinoche. Je suis entré en contact avec lui d'une façon assez particulière. Un de ces enchaînements de coïncidences qui ferait croire au destin. A l'époque où je faisais des recherches sur les cinémas niçois, quelqu'un m'avait donné son contact sur un bout de papier, un bulletin de vote pour Gérard Bosio (rien à voir mais c'est pour être précis). Je n'avais finalement pas fais la démarche. L'an dernier, j'ai écris sur Inisfree ne note au sujet de Giuliano Gemma. De façon amusante, cette note est devenue un carrefour pour plusieurs fans échangeant des informations. Il se trouve que Derry travaille depuis quelques mois à un opuscule sur l'acteur italien et qu'il est tombé sur ma note. J'ai noté son nom et j'ai fait un tour sur son blog et c'en est resté là. Mais en ouvrant mes dossiers pour alimenter Cher Nanni, je suis retombé sur mon bulletin de vote et j'ai tout de suite réagit à ce nom si peu habituel. Et voilà.

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Éric Escoffier, c'est une histoire qui remonte plus loin. Éric est une figure du cinéma sur Nice. Nous nous sommes rencontrés au milieu des années 80 quand il organisait à Magan le festival du film super8 fantastique amateur. Mon premier essai, irregardable aujourd'hui (et à l'époque aussi sans doute), s'appelait Un cri dans les ténèbres et il était passé dans son festival. Ce n'était pas sa première initiative, loin de là. Éric a été projectionniste et, fou de fantastique, il fait partie de l'histoire du fanzine avec son célèbre Ténèbres puis Les montres de la nuit. Il a animé quelques années un ciné-club tout dévoué à la cause du fantastique au Papier-Mâché puis Méli-Mélo, rue Benoît Bunico dans le vieux Nice. Je dois avoir ça dans mes archives. Il a également organisé des cycles et soirées fantastiques, notamment à la MJC Gorbella, à une époque où ce lieu était très actif en matière de cinéma et au Rio 2000, rue de la République, qui deviendra le Mélies. Il a été projectionniste et connait donc toutes ces salles comme sa poche.

Deux figures. Éric avait apporté, histoire de se mettre dans l'ambiance, des photographies d'exploitation dont une série en monochrome de L'homme au masque de cire avec Vincent Price, et un magnifique dossier de presse de 100 000 dollars pour Ringo (1965, Alberto Di Martino) dans lequel les photographies semblent peintes. les noms ont fusé, les noms de salles bien sûr, mais aussi ceux qui sont emblématiques d'un certain cinéma : Corbucci, Sartana, Peter Cushing, la Hammer, Demofilo Fidani... Un coup de téléphone, Éric apprend le décès de Mike Hargitay, culturiste et mari de Jane Mansfield, mais surtout, pour nous, acteur de peplum, de western italien et de film fantastique dont l'étrange Des vierges pour le bourreau (1965, Massimo Pupillo). Nous sommes déjà dans le film.

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Tous les deux sont toujours très actifs. Derry prépare une émission de radio sur Fréquence K (103 FM) pour le 25 octobre de 20 à 22 h et travaille sur son scénario. Éric prépare une exposition d'affiches de l 'âge d'or de la Hammer films à Vence du 17 au 28 octobre à la médiathèque municipale. Point d'orgue, une conférence le samedi 28 à 15h00 sur ces grandes heures du cinéma fantastique.

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Ils ont tous les deux leur blog : Derry Sciarra et Éric Escoffier

Et Éric anime également le site Les monstres de la nuit plein de documents liés à ses activités qui permettent à l'occasion de retrouver une salle disparue.

La magie du cinéma d'antan a disparu pour laisser place à des complexes robotisés, où les spectateurs se nourrissent de pop-corn et de Coca Cola!!!! Maintenant plus aucun film ne reste à l'affiche des semaines voire des mois! Je citerai le film My Fair Lady avec Rex Harrisson et Audrey Hepburn resté 6 mois à l'affiche au cinéma "Avenue"... ! Que nous reste-il aujourd'hui de ces souvenirs impérissables qui martèlent notre mémoire! Les affiches sont là avec les photos d'exploitations, les press-books et bien sur les films imprimés en dvds. Le rêve est encore possible, mais une projection chez soi est bien loin de notre vieille chère salle de quartier, à l'odeur du renfermé et de la cigarette... (Eric Escoffier)

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Pour terminer, Éric avait donné un entretien sur le site Horreur.com dans laquelle il évoquait sa carrière mais aussi les salles qui nous intéressent ici. En voici un extrait.

Il est vrai que chaque salle avait sa propre particularité avec un personnel difficile à décrire tant le personnage semblait sortir d'un film imaginaire!!!! Je me souviens au "CINEAC" qui se trouvait à l'époque Avenue de la Victoire, rebaptisée sous le nom auguste de l"Avenue Jean Médecin", il y avait le contrôleur que l'on avait surnomme "Gibba" (ici en niçois cela peut se traduire par la bosse)! Cet homme squelettique à la main gauche paralysée, était légèrement voûté, et avait un caractère odieux!!! Il déchirait les billets et lorsqu'il entendait un bruit suspect, il surgissait dans la salle tel un démon avec sa lampe électrique et faisait la chasse aux indésirables venus troubler le calme de la projection! Mais il n'empêche que cet homme était un amoureux du cinéma bis et aimait le cinéma fantastique! Il m'arrivait après la projection de discuter avec lui! On devint amis et je fus un des rares privilégiés à ne plus payer sa place, tout en laissant un large pourboire à l'ouvreuse!!! (Eric Escoffier)

Si Cher Nanni voit le jour, il seront dedans .

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03/10/2008

Les disparus du haut de l'avenue

Suivons notre cycliste qui passe le pont séparant l'avenue Malausséna de l'avenue Jean Médecin anciennement Avenue de la Victoire. Petit crochet sur la gauche, au 35 du bd Raimbaldi pour constater qu'il ne reste aucune trace du Hollywood, devenue une droguerie, à l'exception de son imposant auvent.

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Retour sur l'avenue et même constatation pour le Français qui s'est appelé le Cluny dans les années 50 et se tenait au numéro 68. Juste à côté, le Fémina au numéro 60. C'est une zone très commerçante et peut être derrière les vitrines trouverait-on encore quelques autres traces. Mais ce qui subsiste, ce sont les auvents. C'est ce qui marque tout au long de ces recherches : la présence de ces auvents. Sans doute cette partie est à la fois pratique à conserver pour des activités commerciales et compliquée à retirer.

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Près de la gare, ces cinémas étaient des salles de quartier. Les programmations ne sont pas des exclusivités, des reprises parfois comme les Violettes impériales avec Luis Mariano en 1970, souvent du cinéma populaire avec des titres comme L'invisible docteur Mabuse (de Harald Reinl 1962 avec Lex Barker ), Le fils du capitaine Blood (de Tullio Demicheli 1962 avec le fils d'Errol Flynn, Sean) Le trésor maudit (de Mario Sequi 1950 avec Maria Félix ) ou encore les films de notre grand comique national Philippe Clair. Ces salles, avec ces types de programmations, seront les premières à disparaître lors des grandes mutations des années 70. Quand je suis arrivé à Nice, en 1977, je crois bien qu'elles n'existaient déjà plus.

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Je note que La grande java est un film qui a été tourné sur la côte ce qui ne l'empêche pas d'être une absolue catastrophe dans laquelle sombre le pauvre Francis Blanche. A ce titre, ce film sera diffusé à la Cinémathèque de Nice lors de la rétrospective autour de l'activité aux studios de la Victorine. Clair à la Cinémathèque !

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Photographies : Lise Roman

Pavés : Le Patriote / Nice Matin

(à suivre)

01/10/2008

Les colts de la violence - 1967


29/09/2008

Le Royal

Avenue Malausséna se tenait encore, au milieu des années 90, le Royal. C'était le dernier cinéma à l'ancienne de Nice. Une grande salle unique, un peu baroque, avec des sièges en velours rouge, un rideau publicitaire vaguement phosphorescent, un balcon avec une rambarde en fer forgé et cuivre. Le plus beau, c'était la façade un peu art déco, blanche avec des lignes élégantes et deux statues genre déesses grecques.
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Né dans les années folles, il s'est longtemps appelé le Malausséna, il avait été réquisitionné par l'armée allemande lors de son entrée à Nice en septembre 43, quand ils ont viré les italiens qui venaient de jeter l'éponge. Honneur douteux. La salle a continué en salle de prestige pour le quartier. Je me souviens y avoir vu des reprises comme Ben Hur, Autant en emporte le vent, le premier Conan de Milius... Déjà, la grande salle était presque déserte. Le cinéma a tenté une reconversion en dancing quelques années et puis les propriétaires ont fait comme les italiens pendant la guerre et tout à été démoli. Que sont devenues les cariatides ? Le film pourrait être structuré autour de leur enquête. Une véritable enquête avec privé, chapeau et voiture.
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Et puis, un jour, passant devant, le trou. La photographie montre le chantier qui est resté ouvert, habitude bien niçoise, pendant deux ou trois ans. Aujourd'hui, c'est un immeuble banal, bourgeois. Sur la photographie, on peut voir sur le côté gauche un dernier pan de mur blanc. Derrière, on voyait encore le reste de l'escalier qui menait au balcon et la porte capitonnée avec son hublot tout rond, un oeil mort. A l'époque, j'avais filmé ça, me disant qu'il était urgent de garder une trace des salles survivantes. C'est du Hi8, je ne sais pas comment le transférer mais ça doit se faire.

Dans la première version du scénario, la narratrice donnait les instructions à son ami qui partait en vélo à travers la ville. C'était le point de départ du voyage.    
(à suivre)
Photographie : Lise Roman

23:45 Publié dans Scénario | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : cinéma, salle, nice, royal | |  del.icio.us |  Facebook | | |

28/09/2008

Précision

Aussitôt dit... j'ai eu l'occasion de bavarder aujourd'hui avec un ami, niçois de souche, qui a pu me préciser le devenir de la rue du maréchal nous voilà. Elle a bien été débaptisée et c'est depuis la rue de la Liberté. Le Cinémonde a traversé la guerre sans encombre au numéro 4. Il a cessé ses activités à l'orée des années 80 et est actuellement occupé par un magasin Madura. Nous y reviendrons.

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26/09/2008

Ticket réduit

Un billet à tarif réduit, sans doute d'avant guerre, offert par un photographe de la place Garibaldi pour les cinémas Capitole (rue de la tour, la salle existe toujours on y reviendra), Cinémonde (rue du Maréchal Pétain, sans doute débaptisée depuis) et Gambetta (rue Dabray).
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(Collection particulière)

25/09/2008

Publicité de cinéma

Premier inédit de choix avec cette publicité passant dans les salles de cinéma pour Radio de la Côte. Elle est typique de ces publicités régionales qui remplacèrent les rideaux publicitaires, très localisées et sans grands moyens. Une véritable madeleine.

24/09/2008

Dispositif et prologue

Le dispositif que j'ai imaginé pour ce film est celui d'une enquête réalisée à vélo. Une enquête que le narrateur envoie faire à un personnage témoin que je vois un peu comme un monsieur Hulot à bicyclette, véhicule de l'effort mesuré. Dans la version d'origine, le narrateur était un jeune femme immobilisée par une jambe cassée. Elle demandait à un ami que j'avais appelé Jacques d'aller réaliser un repérage photographique de l'ensemble des lieux où se trouvaient les anciens cinémas.

Puis l'on m'a fait remarquer que le narrateur, c'était moi et donc cette fille n'était qu'une sorte de masque (ah bon). J'ai donc assumé et j'ai écrit de nouveau avec un homme (disons que c'est moi) qui envoie un copain faire ses repérages. Certains m'ont alors demandé l'intérêt de ce personnage intermédiaire. Je ne devais pas avoir de réponse satisfaisante à moins que ça ne soit révélateur du fait que j'aime bien faire faire les choses un peu fastidieuses par d'autres (c'est pas bien).

Tout cela nous a mis au moment de la valse des label Art et Essais sur le Mercury et le Rialto. CINEAC, le collectif auquel appartient l'association que je préside était assez actif alors sur sujet et l'on m'a suggéré de lier ceci à cela. Je me suis donc exécuté et j'ai effectué la narration et les repérages, menant une enquête sur l'histoire des cinémas niçois pour convaincre Nanni Moretti de venir nous aider à créer une nouvelle salle sur Nice. C'est un peu tiré par les cheveux mais pas plus qu'au départ où seule mon admiration pour le cinéaste romain justifiait le principe de la lettre. Je dois aussi préciser que le "on" est principalement un réalisateur de documentaires, homme charmant qui était venu me donner un coup de main à la demande de la Région qui hésitait alors à subventionner mon projet. Finalement, ils n'ont pas été convaincus et je suis resté avec mes trois versions.

Je ne suis pas plus convaincu aujourd'hui de l'intérêt de cette évolution. D'une part parce que le problème des labels et l'action de CINEAC n'ont eu qu'un temps, d'autre part parce que le premier dispositif n'est que le reflet inversé de la réalité. En effet, après avoir listé mes emplacements de cinémas, j'ai demandé à une amie, Lise, de réaliser une première série de repérages. Elle est partie à vélo et m'a ramené une série de photographies précieuses que vous découvrirez au fil de ce blog. J'aurais peut être dû m'en tenir à ce dispositif là. Ca sera pour une quatrième version.

Nous allons donc conserver cette idée dû parcours à vélo, un dimanche en heure creuse et sous un beau soleil de demi-saison qui adoucit la lumière parfois dure de la Côte d'azur.La conjonction de ces deux éléments propose une ambiance calme et sereine dans des rues désertées par les voitures, propice à la réflexion et à l'évocation de souvenirs.

En guise de prologue, narrateur et cycliste se retrouvaient devant le chantier du Royal.

(A suivre...)

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22/09/2008

Situation et souvenirs

Il y a un passage édifiant relatif à notre sujet dans La nuit américaine de François Truffaut tourné en 1972. Ce film raconte l'histoire d'un tournage qui se déroule dans les studios de la Victorine (autre mythe niçois fameux). A un moment, l'acteur Alphonse, joué par Jean Pierre Léaud, répond à sa petite amie scripte-stagiaire, jouée par Dani, qui veut l'emmener au restaurant : « Moi, ça me dépasse ! On a la chance d'être dans une ville où il y a trente-sept cinémas... Bon ! ». Et de vouloir aller se faire une toile. A un autre moment, dans l'hôtel où l'équipe est descendue, une affichette montre les programmes des fameux trente-sept cinémas dans le hall.

Il y a eu, en effet, trente-sept et plus cinémas à Nice. La ville a eu au début des années 70 le second parc de salles juste derrière Paris. Disséminées sur tout le territoire municipal, salles de quartier, salles de prestiges, salles de patronage et salles d'art et essais, toutes ont tissé des liens culturels et sociaux et portent en elles un peu de l'histoire de la ville. Le film de Truffaut pourrait laisser croire que Nice était alors une véritable ville-cinéma, capitale régionale du septième art. Mais à partir de la fin des années 70, les multisalles, la crise, le rouleau compresseur télévisuel puis récemment l'essor des multiplexes, ont fait disparaître la plupart d'entre elles. Le tissus est mangé aux mites. Aujourd'hui, il n'existe plus que cinq cinémas : Rialto, Variétés, Pathé Paris, Pathé Masséna et Mercury (totalisant quand même 27 écrans), plus la Cinémathèque et de façon intermittente, l'espace Magnan avec la salle Jean Vigo. Il faut aussi considérer, aussi douloureux que cela puisse être, le multiplexe Pathé Lingostière.

Mais restons sur la ville où le mythe perdure. Car avec la disparition de ces salles, c'est toute une façon d'aller au cinéma, une façon de le vivre, tout un certain cinéma lui-même qui a disparu. Il laisse aujourd'hui un fort parfum de nostalgie, le souvenir d'un age d'or. Pax, Central, Royal, le superbe Escurial, le branché Balzac, le vénérable Politéama, ces noms font partie de la mémoire collective Niçoise. Salles de prestige, salles de quartier, disparues, transformées, survivantes ; elles portent cent ans de souvenirs et d'histoire. Ceux du cinéma de genre des salles populaires et hautes en couleurs. Celui du cinéma engagé, volontaire et contestataire des nouvelles vagues des années 60, dans les salles ouvertes aux ciné- clubs et aux débats enflammés de polémique. Celui d'un certain cinéma épique, enfin, celui du cinémascope et du cinérama dans de vastes salles baroques aux pourpres et ors d'opéra.

Le souvenir embelli. Celui des films autant que celui des salles, celui de leurs ambiances, de leurs parfums et de leurs couleurs. Ils portent en nous les impressions de notre enfance et de notre jeunesse, la marque du Temps.

21/09/2008

Au programme cette semaine

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Qui se souvient du Monte-Carlo ? Qui peut dire ce qu'est devenu, aujourd'hui, le Ruly ?

19/09/2008

L'Escurial aujourd'hui

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Photographie : Lise Roman