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31/08/2014

Le cinéma Mercury

A partir de l'ancien Central, place du Pin, il n'y a que quelques pas à faire pour déboucher place Garibaldi et découvrir une institution niçoise, le cinéma Mercury. S'il y a bien un cinéma cher au cœur des niçois, c'est celui-là. Installée face à la statue de Garibaldi sur la place du même nom entourée d’arcades à l'italienne, la salle a une histoire complexe qui est loin d'être achevée.

Et tout d'abord, il ne faut pas chercher ses racines dans l'actuel Nouveau Mercury au 16, mais dans ce qui est aujourd'hui la Maison des Associations, au 12. Le Mercury n'est pas mort mais il s'est un petit peu déplacé.

En 1970, le Mercury s'appelle encore le Politéama et c'est déjà un lieu incontournable du quartier. Le Politéama est à l'origine un théâtre à l'italienne qui ouvre en 1892. En 1911, après des projections épisodiques, son directeur lui ajoute une cabine de projection et le transforme en salle de cinéma, l'actuelle détentrice du record de longévité dans la ville. Le Politéama devient alors une salle de quartier typique comme les Pax et Capitole.

Le récit de ses aventures m'avait été fait par la dernière gérante, Madame Danièle Bémon. Dans les années 60, il diffuse du film d'aventure et du peplum jusqu'à la perte de vitesse de ces genres. En 1970, il passe des films immortels comme : Pour un whisky de plus ou Gonflés à bloc. L'année suivante, il est racheté par André Bémon, passe à deux salles en 1972, prend le nom de Mercury et diffuse des films en première exclusivité. Mais les gens du centre ne viennent pas, la place Garibaldi a mauvaise réputation et voit s'affronter les bandes du vieux Nice, du port et de Riquier.

mercury,politeama

La façade de l'ancien Mercury avant travaux. On voit encore bien les éclairages en forme de soleil et les emplacements pour les photographies d'exploitation.

Photographie Vincent Jourdan.

Le Mercury cède alors à la mode des multisalles (il y en aura 7) et prend la décision hardie de miser sur l'art et essai et la diffusion en version originale. Pari difficile, pari gagné. Il diffuse les œuvres de Truffaut, Godard, Resnais, Allen, Bergman, Fellini, s'attachant un public très rive gauche... Du Paillon, s'entend !

Depuis le grand hall d'entrée, un escalier à la rampe de cuivre permet d'accéder à la grande salle du premier étage sur la gauche. Sur la droite, un escalier plus modeste mène à la salle 2, plus petite. Derrière la caisse se trouvent en enfilade cinq autres salles au rez-de-chaussée. Certaines sont si petites que l'on confond l'écran et la sortie de secours. Mais les films y trouvent leur chance sur la durée. Il était une fois la révolution de Sergio Leone, le premier, restera des mois à l'affiche, comme plus tard Amadeus, Pulp fiction, Y-a t'il un pilote dans l'avion ?, ou plus tard Le goût des autresIn the mood for love qui reste plus de deux ans à l'affiche.

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Le premier film d'un jeune cinéaste - Collection personnelle, source Nice-Matin

En ces temps dynamiques, le Méliès qui appartient aussi à M Bémon, absorbe le Pax, le Rio 2000 et le le Mercury diffusent le cinéma dans toute sa richesse. Le propriétaire ouvre au milieu des années 80 le Royaume des Enfants à deux pas du Mercury avec son théâtre de marionnettes, sa boutique d'affiches et de photographies d'exploitation, et ses manèges entre deux Disney.

Puis ça se gâte : Le Méliès ferme en février 1988, la V.O. se répand jusque dans les cinémas de l'avenue. La Cinémathèque, le Balzac puis le Rialto lui taillent des croupières dans le créneau, les salles vieillissent...

Au début des années 90, le cinéma se replie sur le Royaume des Enfants et devient le Nouveau Mercury avec trois salles. L'ancien est vendu en 1992 à la ville qui a voulu un temps y installer la Cinémathèque... puis, on a muré les entrées et finalement, au bout d'une dizaine d'années et de gros travaux, on y accueille les associations. La grande salle du premier étage est toujours là, programmant parfois les films d'étudiants de l'ESRA Côte d'Azur. Le nouveau Mercury sera finalement racheté par le Conseil Général en 2007, rénové et passera au numérique en 2012. L'ancien projecteur 35 mm trône dans l'entrée. Actuellement Le Mercury diffuse autant de films à lui tout seul que toutes les autres salles réunies...

Sous l'impulsion de Pascal Gaymard et d'une équipe qui allie la nouvelle génération à de vieux routiers passionnés, le Mercury trouve une seconde jeunesse en recevant de nombreuses associations qui proposent des programmations originales associées à des débats et des rencontres (Cinéma Sans Frontières, Cinénasty, Regard Indépendant, cinéma africain, cinéma et démocratie), retrouvant un peu l'esprit combatif des années 60/70. Une belle histoire qui n'est pas terminée.

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Le Mercury aujourd'hui. DR.

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17:21 Publié dans Salle | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mercury, politeama | |  del.icio.us |  Facebook | | |