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05/10/2008

Rencontre et retrouvailles

Hier soir (c'était en 2006 - note de republication), j'ai discuté un bon moment avec deux mémoires vives des cinémas de quartier niçois. Première rencontre depuis que j'ai remis sur la table ce projet. Autour d'une bière et de deux Perriers, juste à côté de la place Masséna en chantier, ont défilé les salles et les souvenirs du cinéma populaire des années 60 et 70.

Derry Sciarra, c'est avant tout un fan de rock, celui des années 50, le rock des origines, le rockabilly. Sous le nom de Vince Rogers, il est un musicien qui tourne régulièrement sur la côte. Habitant depuis toujours place Garibaldi, il est aussi un grand amateur de cinéma, le cinéma des salles de quartier, western italien, fantastique, aventures et le sourire de Marilyn. Pour le cinéma, il a joué dans des films fantastiques, il écrit pour des fanzines et des scénarios (le dernier serait un western qu'il rêve de voir joué par Giuliano Gemma), il a réalisé aussi, tournant en super8, mêlant ses deux passions, la musique et le cinoche. Je suis entré en contact avec lui d'une façon assez particulière. Un de ces enchaînements de coïncidences qui ferait croire au destin. A l'époque où je faisais des recherches sur les cinémas niçois, quelqu'un m'avait donné son contact sur un bout de papier, un bulletin de vote pour Gérard Bosio (rien à voir mais c'est pour être précis). Je n'avais finalement pas fais la démarche. L'an dernier, j'ai écris sur Inisfree ne note au sujet de Giuliano Gemma. De façon amusante, cette note est devenue un carrefour pour plusieurs fans échangeant des informations. Il se trouve que Derry travaille depuis quelques mois à un opuscule sur l'acteur italien et qu'il est tombé sur ma note. J'ai noté son nom et j'ai fait un tour sur son blog et c'en est resté là. Mais en ouvrant mes dossiers pour alimenter Cher Nanni, je suis retombé sur mon bulletin de vote et j'ai tout de suite réagit à ce nom si peu habituel. Et voilà.

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Éric Escoffier, c'est une histoire qui remonte plus loin. Éric est une figure du cinéma sur Nice. Nous nous sommes rencontrés au milieu des années 80 quand il organisait à Magan le festival du film super8 fantastique amateur. Mon premier essai, irregardable aujourd'hui (et à l'époque aussi sans doute), s'appelait Un cri dans les ténèbres et il était passé dans son festival. Ce n'était pas sa première initiative, loin de là. Éric a été projectionniste et, fou de fantastique, il fait partie de l'histoire du fanzine avec son célèbre Ténèbres puis Les montres de la nuit. Il a animé quelques années un ciné-club tout dévoué à la cause du fantastique au Papier-Mâché puis Méli-Mélo, rue Benoît Bunico dans le vieux Nice. Je dois avoir ça dans mes archives. Il a également organisé des cycles et soirées fantastiques, notamment à la MJC Gorbella, à une époque où ce lieu était très actif en matière de cinéma et au Rio 2000, rue de la République, qui deviendra le Mélies. Il a été projectionniste et connait donc toutes ces salles comme sa poche.

Deux figures. Éric avait apporté, histoire de se mettre dans l'ambiance, des photographies d'exploitation dont une série en monochrome de L'homme au masque de cire avec Vincent Price, et un magnifique dossier de presse de 100 000 dollars pour Ringo (1965, Alberto Di Martino) dans lequel les photographies semblent peintes. les noms ont fusé, les noms de salles bien sûr, mais aussi ceux qui sont emblématiques d'un certain cinéma : Corbucci, Sartana, Peter Cushing, la Hammer, Demofilo Fidani... Un coup de téléphone, Éric apprend le décès de Mike Hargitay, culturiste et mari de Jane Mansfield, mais surtout, pour nous, acteur de peplum, de western italien et de film fantastique dont l'étrange Des vierges pour le bourreau (1965, Massimo Pupillo). Nous sommes déjà dans le film.

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Tous les deux sont toujours très actifs. Derry prépare une émission de radio sur Fréquence K (103 FM) pour le 25 octobre de 20 à 22 h et travaille sur son scénario. Éric prépare une exposition d'affiches de l 'âge d'or de la Hammer films à Vence du 17 au 28 octobre à la médiathèque municipale. Point d'orgue, une conférence le samedi 28 à 15h00 sur ces grandes heures du cinéma fantastique.

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Ils ont tous les deux leur blog : Derry Sciarra et Éric Escoffier

Et Éric anime également le site Les monstres de la nuit plein de documents liés à ses activités qui permettent à l'occasion de retrouver une salle disparue.

La magie du cinéma d'antan a disparu pour laisser place à des complexes robotisés, où les spectateurs se nourrissent de pop-corn et de Coca Cola!!!! Maintenant plus aucun film ne reste à l'affiche des semaines voire des mois! Je citerai le film My Fair Lady avec Rex Harrisson et Audrey Hepburn resté 6 mois à l'affiche au cinéma "Avenue"... ! Que nous reste-il aujourd'hui de ces souvenirs impérissables qui martèlent notre mémoire! Les affiches sont là avec les photos d'exploitations, les press-books et bien sur les films imprimés en dvds. Le rêve est encore possible, mais une projection chez soi est bien loin de notre vieille chère salle de quartier, à l'odeur du renfermé et de la cigarette... (Eric Escoffier)

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Pour terminer, Éric avait donné un entretien sur le site Horreur.com dans laquelle il évoquait sa carrière mais aussi les salles qui nous intéressent ici. En voici un extrait.

Il est vrai que chaque salle avait sa propre particularité avec un personnel difficile à décrire tant le personnage semblait sortir d'un film imaginaire!!!! Je me souviens au "CINEAC" qui se trouvait à l'époque Avenue de la Victoire, rebaptisée sous le nom auguste de l"Avenue Jean Médecin", il y avait le contrôleur que l'on avait surnomme "Gibba" (ici en niçois cela peut se traduire par la bosse)! Cet homme squelettique à la main gauche paralysée, était légèrement voûté, et avait un caractère odieux!!! Il déchirait les billets et lorsqu'il entendait un bruit suspect, il surgissait dans la salle tel un démon avec sa lampe électrique et faisait la chasse aux indésirables venus troubler le calme de la projection! Mais il n'empêche que cet homme était un amoureux du cinéma bis et aimait le cinéma fantastique! Il m'arrivait après la projection de discuter avec lui! On devint amis et je fus un des rares privilégiés à ne plus payer sa place, tout en laissant un large pourboire à l'ouvreuse!!! (Eric Escoffier)

Si Cher Nanni voit le jour, il seront dedans .

22:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : salles, cinéma | |  del.icio.us |  Facebook | | |

03/10/2008

Les disparus du haut de l'avenue

Suivons notre cycliste qui passe le pont séparant l'avenue Malausséna de l'avenue Jean Médecin anciennement Avenue de la Victoire. Petit crochet sur la gauche, au 35 du bd Raimbaldi pour constater qu'il ne reste aucune trace du Hollywood, devenue une droguerie, à l'exception de son imposant auvent.

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Retour sur l'avenue et même constatation pour le Français qui s'est appelé le Cluny dans les années 50 et se tenait au numéro 68. Juste à côté, le Fémina au numéro 60. C'est une zone très commerçante et peut être derrière les vitrines trouverait-on encore quelques autres traces. Mais ce qui subsiste, ce sont les auvents. C'est ce qui marque tout au long de ces recherches : la présence de ces auvents. Sans doute cette partie est à la fois pratique à conserver pour des activités commerciales et compliquée à retirer.

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Près de la gare, ces cinémas étaient des salles de quartier. Les programmations ne sont pas des exclusivités, des reprises parfois comme les Violettes impériales avec Luis Mariano en 1970, souvent du cinéma populaire avec des titres comme L'invisible docteur Mabuse (de Harald Reinl 1962 avec Lex Barker ), Le fils du capitaine Blood (de Tullio Demicheli 1962 avec le fils d'Errol Flynn, Sean) Le trésor maudit (de Mario Sequi 1950 avec Maria Félix ) ou encore les films de notre grand comique national Philippe Clair. Ces salles, avec ces types de programmations, seront les premières à disparaître lors des grandes mutations des années 70. Quand je suis arrivé à Nice, en 1977, je crois bien qu'elles n'existaient déjà plus.

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Je note que La grande java est un film qui a été tourné sur la côte ce qui ne l'empêche pas d'être une absolue catastrophe dans laquelle sombre le pauvre Francis Blanche. A ce titre, ce film sera diffusé à la Cinémathèque de Nice lors de la rétrospective autour de l'activité aux studios de la Victorine. Clair à la Cinémathèque !

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Photographies : Lise Roman

Pavés : Le Patriote / Nice Matin

(à suivre)

01/10/2008

Les colts de la violence - 1967


29/09/2008

Le Royal

Avenue Malausséna se tenait encore, au milieu des années 90, le Royal. C'était le dernier cinéma à l'ancienne de Nice. Une grande salle unique, un peu baroque, avec des sièges en velours rouge, un rideau publicitaire vaguement phosphorescent, un balcon avec une rambarde en fer forgé et cuivre. Le plus beau, c'était la façade un peu art déco, blanche avec des lignes élégantes et deux statues genre déesses grecques.
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Né dans les années folles, il s'est longtemps appelé le Malausséna, il avait été réquisitionné par l'armée allemande lors de son entrée à Nice en septembre 43, quand ils ont viré les italiens qui venaient de jeter l'éponge. Honneur douteux. La salle a continué en salle de prestige pour le quartier. Je me souviens y avoir vu des reprises comme Ben Hur, Autant en emporte le vent, le premier Conan de Milius... Déjà, la grande salle était presque déserte. Le cinéma a tenté une reconversion en dancing quelques années et puis les propriétaires ont fait comme les italiens pendant la guerre et tout à été démoli. Que sont devenues les cariatides ? Le film pourrait être structuré autour de leur enquête. Une véritable enquête avec privé, chapeau et voiture.
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Et puis, un jour, passant devant, le trou. La photographie montre le chantier qui est resté ouvert, habitude bien niçoise, pendant deux ou trois ans. Aujourd'hui, c'est un immeuble banal, bourgeois. Sur la photographie, on peut voir sur le côté gauche un dernier pan de mur blanc. Derrière, on voyait encore le reste de l'escalier qui menait au balcon et la porte capitonnée avec son hublot tout rond, un oeil mort. A l'époque, j'avais filmé ça, me disant qu'il était urgent de garder une trace des salles survivantes. C'est du Hi8, je ne sais pas comment le transférer mais ça doit se faire.

Dans la première version du scénario, la narratrice donnait les instructions à son ami qui partait en vélo à travers la ville. C'était le point de départ du voyage.    
(à suivre)
Photographie : Lise Roman

23:45 Publié dans Scénario | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : cinéma, salle, nice, royal | |  del.icio.us |  Facebook | | |